Les 8 propositions du Pacte Numérique

Un article de Net 2007.

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Sommaire

Introduction

Le "Pacte Numérique pour une France compétitive et solidaire" propose un plan d'actions ambitieux, global et structuré regroupant 8 propositions destinées à saisir toutes les opportunités du numérique pour faire gagner l'entreprise France, dans le respect de nos valeurs humanistes (Liberté, Egalité, Fraternité) et de notre cohésion sociale.

Il concerne tous les acteurs, entreprises "traditionnelles" comme celles du secteur des TIC, les pouvoirs publics nationaux et régionaux, les administrations, dans une perspective européenne, et intègre les impératifs de services aux citoyens et de développement durable.

Ces 8 propositions sont détaillées et déclinées en actions concrètes dans les pages suivantes.

Relever le défi du XXIème siècle, entrer dans la société de la connaissance

A l'aube du XXIème siècle, l'humanité est confrontée à un nouveau défi majeur induit par la révolution numérique : passer de la « main d'œuvre » au « cerveau d'œuvre », pour entrer de plain pied dans la société de la connaissance et de la compétitivité, comme la révolution industrielle l'a fait entrer il y a deux siècles dans la société industrielle et de la productivité.

Proposition N°1 : Développer l'innovation pour créer les emplois de demain

Le seul moyen de préserver et développer le niveau de vie et l'influence française et européenne, de créer des emplois, est d'innover, de créer de nouveaux produits et services par une offre à forte valeur ajoutée grâce à l'innovation et la recherche.

Les réseaux numériques mettent en relation les intelligences et les énergies, permettent de construire des grappes d'entreprises en synergie, favorisent la création de nouvelles richesses et la croissance, en consommant moins de ressources financières et écologiques.

Par exemple les processus et outils numériques de gestion du cycle de vie du produit sont une source essentielle d'innovation technologique et industrielle, car ils permettent de modéliser et de simuler les produits avant de les réaliser, de les co-concevoir à plusieurs entreprises, d'intégrer les contraintes de production et de support dès la conception.

Pour libérer les énergies et créer les conditions les plus favorables à l'innovation, il est nécessaire d'introduire des nouvelles mesures juridiques et fiscales pour favoriser la création d'entreprises innovantes et la valorisation de l'industrie de la connaissance, de mettre davantage le numérique au service des Pôles de Compétitivité et d'y intégrer davantage les PME, de favoriser la création d'une industrie européenne du logiciel

Proposition N°2 : Gagner le défi de la compétitivité dans la mondialisation

Dans une économie dominée par la mondialisation, la concurrence exacerbée, l'émergence des pays à bas coûts, la maîtrise des systèmes complexes, la pratique des échanges numériques au sein des entreprises et dans les relations clients-fournisseurs devient un facteur-clef pour accroître la compétitivité.

L'avenir des entreprises repose de plus en plus sur leur capacité à se doter de Systèmes d'Information sécurisés performants et compatibles avec ceux de leurs partenaires. Dans beaucoup de secteurs les PME qui ne sauront pas entrer dans les processus numériques de leurs clients seront d'ici peu écartées du marché.

Pour inciter les entreprises à s'engager dans le numérique, il est nécessaire de convaincre leurs décideurs de l'importance stratégique du Système d'Information, de mettre en place des modes de travail numériques avec leurs fournisseurs et leurs clients, par des échanges d'expérience "entre pairs" autour des meilleures pratiques.

Pour cela, il convient également de généraliser des plans d’actions sectoriels et régionaux d'accompagnement des PME comme TIC&PME 2010, de favoriser l'offre de services et de solutions informatiques pour les PME.

Proposition N°3 : Utiliser le numérique pour favoriser la construction européenne

Le numérique dynamise la communication et abolit les frontières. Il peut ainsi contribuer à mieux faire communiquer et collaborer les personnes, les entreprises et les régions.

Pour favoriser le développement et l’adaptation de l’économie européenne à la mondialisation, il est nécessaire de redynamiser la Stratégie de Lisbonne en définissant une stratégie numérique européenne, capitalisant sur les politiques nationales les plus efficaces et coordonnant leurs mises en œuvre.

Proposition N°4 : Rendre l'Etat et les collectivités territoriales exemplaires dans l'usage et la promotion du numérique

L'Etat et les collectivités territoriales doivent être exemplaires dans l'utilisation du numérique, et pour cela définir au plus haut niveau une stratégie numérique pour la France, déclinée dans tous les ministères et directions régionales, généraliser l'achat public électronique, imposer la dématérialisation des factures.

L'Etat doit également favoriser l'essor de l'économie numérique, en prenant toutes les mesures législatives, fiscales et incitatives nécessaires pour développer la société de l’information et pour inciter les entreprises à développer les usages des TIC. En particulier, l’Etat favorisera la sécurisation des échanges numériques et rendra disponibles les moyens réglementaires permettant la signature des contrats en ligne.

Proposition N°5 : Développer l'attractivité numérique des territoires

Les régions doivent mettre en œuvre des stratégies numériques intégrant services et support aux PME, plates-formes numériques régionales et infrastructures à très haut débit favorisant l'implantation d'entreprises, favoriser le télétravail et les télé-activités, et ainsi utiliser les opportunités du numérique pour réaménager le territoire.

Proposition N°6 : Offrir à moindre coût de meilleurs services aux citoyens

Dans le domaine sociétal, le numérique permet l'accès de tous à l'information, favorise l'éducation, améliore les soins et le confort au moindre coût, permet de développer les services à la personne, rapproche les citoyens et les services publics et leur permet de participer à la vie publique sans intermédiaire.

Pour tirer parti de ces potentialités, il est recommandé de définir un plan de formation au numérique et d'équipement (PC, logiciels, …) dans l'éducation nationale et la formation continue, de lancer des expérimentations pour identifier les usages du numérique dans le domaine de la santé, du soutien scolaire, des services à la personne.

Proposition N°7 : Favoriser le développement durable et la solidarité numérique

Les outils numériques permettent d’optimiser les processus. A ce titre ils sont donc porteurs d’économies en tout genre (énergie, matières premières, etc.), elles mêmes contributives d’une démarche de développement durable et environnemental comme le développement du télétravail.

Il est recommandé d'intégrer cette proposition dans le schéma national du développement durable, récemment actualisé, d'encourager les télé-activités, la développement des activités tertiaires (non polluantes) que permettent les outils numériques.

Pour permettre l'accès à tous à Internet et créer de nouvelles solidarités, il est impératif de mettre en place des programmes d'équipement et de formation et d’encourager tous les citoyens et PME à se doter des outils minimaux via des mesures fiscales volontaristes.

Proposition N°8 : Décider et conduire le changement

Il y a urgence : notre déficit d’investissement et d’usage des nouvelles technologies nous coûte déjà selon toutes les analyses au moins 0,5% du PIB par an, qui se traduisent directement en écart de croissance et de création d'emplois.

La France, ceux qui la dirigent et plus généralement, tous les responsables qui dans leurs entreprises, leur associations, leurs institutions ont la capacité d'agir et de décider, doivent absolument relever avec succès ce défi ambitieux et capital pour nos enfants.

Compte tenu de l'ampleur des évolutions engendrées par le numérique, de la remise en question des processus, de l'organisation et des pouvoirs, une telle mutation doit être portée par les dirigeants : Président de la République et gouvernement, décideurs régionaux, PDG d'entreprises, décideurs des administrations.